Les UV, c’est le diable

Lundi matin, 10h. Devant la machine à café, les yeux chassieux et le teint brouillé, vous réalisez que Françoise est dorée comme un croissant beurré ! Elles sont passées où les cernes et la gueule de déterrée ? Visiblement, face de suppo a troqué sa tronche de salariée exploitée contre une tête d’actrice d’American Pie.

Avec la sagacité qui vous caractérise, vous avez compris que cette chieuse de collègue est passée sous la lampe à UV. Alors avec une pointe d’ironie, vous vous exclamez : « Mais quelle mine ! T’es partie dans les Caraïbes ce week-end ? » Sous son bronzage artificiel, Françoise rougit. Elle détourne légèrement le regard, puis : « Non, non, j’étais en Normandie, mais il a fait un temps radieux ! Je suis même allée sur la plage… »

(En fait, il a fait 15 degrés en moyenne à Paris, le ciel était gris, il a même plu un petit peu. Sur le microclimat de Deauville, vous avez de gros doutes).

Vous acquiescez tout de même avec un petit sourire malicieux qui en dit long. Françoise est gênée, elle fait tout pour abréger la conversation. Le jeu de dupe a parfaitement fonctionné. L’une (Françoise) sait que l’autre (vous) savez. Et inversement.

Le reste de la journée se passera ainsi : néo-pain d’épices se tapera la honte à chaque fois qu’il lui faudra justifier son bronzage par son week-end en Normandie. De votre côté, vous ne vous priverez pas de raconter à qui veut l’entendre que : « Françoise a fait des UV, c’est obligé… ». Sur un petit ton méprisant.

Pourquoi cette comédie sociale, somme toute assez fréquente ? Pourquoi Françoise ne dit-elle pas simplement qu’elle s’est fait des UV ?

Pourquoi ? Parce que les UV, c’est le diable.

En France, les centres de bronzage poussent comme des champignons. Des milliers de faces de suppo se métamorphosent en stars de plateaux de télé, le teint orangé comme Sophie Davant ou Laurence Ferrari. Mais chut ! Il faut garder le secret.

Dans l’appareil ovoïde, ne vous méprenez pas : ce n’est pas la lumière de Dieu qui darde brillamment ses rayons. Belzébuth, rusé, se tient là dans un coin de la cabine. Avec son soleil électrique, il prépare votre peau à un vieillissement prématuré… Pire : l’ange déchu vous refilerait bien un petit mélanome malin.

Mais, la santé, ça devrait être VOTRE problème. Sauf que : tout le monde a un avis, surtout sur ce qu’il ne connaît pas. Pensons en cet instant au pauvre Jean-Luc Delarue, qui, en plus, de se faire chier en désintox, doit s’absenter des plateaux. Pour pas que la ménagère, elle soit trop choquée.

Pour que ça change, Françoise, ouvrez le dialogue. Si on vous demande d’où vous vient votre mine radieuse, ne louvoyez pas. Dites simplement : « J’ai fait des UV pour avoir une tête plus avenante. Et si j’ai envie de crever d’un cancer de la peau, vous en faites pas, j’ai une bonne mutuelle. »

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Un commentaire to “Les UV, c’est le diable”

  1. J’ai trouvé ça très girly, jusqu’à l’allusion à Jean-Luc, et là c’est devenu showbizz !
    #quandjaicompris xD

    Tannig, c'est bad

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