Ecriture sous Internet

Avec mes problèmes de connexion, je ressens un grave manque, je suis irascible, mon corps s’agite de soubresauts incontrôlables. Sans Internet, il m’est presque impossible d’écrire. Sans les mots, je m’emmerde… La névrose des mots, vous savez, celle que décrit Sartre dans son bouquin éponyme. Pas d’écriture, pas de lecture (marre du vrai papier) et toute ma souffrance me revient à la gueule. J’ai envie de dire « à la façon d’un boomerang », pour que vous compreniez que sans le web, je fais usage de comparaisons éculées, parce que je n’en trouve pas de meilleures.

Quand je ne travaille pas ou que l’insomnie se fait trop résistante, j’écris sur le papier virtuel de ma page Word. Tout en ayant habituellement plusieurs lignes d’onglets ouvertes et à disposition, au cas où j’ai besoin de sniffer de l’inspiration. Coucher des mots sur ma feuille d’ordi, ça m’évite d’avoir à coucher pour de vrai, rapport à ma libido débordante.

Une bonne petite perf de Twitter, du Google en sous-cut, du Wikipédia en per os pour accentuer les effets, je vous assure que ça stimule les méninges. Plus que de la vraie coke dans le pif. Enfin j’imagine.

Je ne suis pas seule dans ma dépendance chronique au web. J’ai lu quelque part que Michel Houellebecq s’était largement inspiré de fiches Wikipédia pour écrire son dernier roman « La Carte et le territoire ». Lui, il dit que c’est une démarche artistique très aboutie. A l’appui de sa démonstration, il a cité des noms d’Ârtistes dans une vidéo publiée sur le site du NouvelObs. Il avait glané tous ces morts sur Internet : Perec et Borges au secours de l’écrivain victime d’une attaque médiatique « ridicule ». Moi, je m’en fous, que ce soit artistique ou non. Ce qui m’importe, c’est l’évolution des drogues de l’écriture.

Début XIXème et pendant tout le XXème, les paradis artificiels ont permis un grand essor de la littérature. Baudelaire, Rimbaud, Jarry, Cocteau, Artaud, Michaux… La liste est longue des hommes qui se sont vaillamment shootés pour la bonne cause. Avec Internet, pas besoin de se défoncer le cerveau, si t’as déjà un cerveau un peu défoncé à la base (condition sine qua non de l’écriture). Internet, c’est donc une drogue saine. Ne l’ayant pas à ma disposition hic et nunc, je vous laisse réfléchir à cette fin abrupte de billet.

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